SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : FACE AU SPECTRE DE LA FAMINE, LE TCHAD VEUT ANTICIPER LA CRISE

BLOG27 minutes ago


Dans plusieurs provinces du Tchad, la situation pluviométrique préoccupante de cette année fait déjà peser de lourdes inquiétudes sur les rendements agricoles, l’élevage et, plus largement, sur l’économie rurale. Face à cette menace, les plus hautes autorités du pays semblent vouloir prendre les devants afin d’éviter que le déficit pluviométrique ne se transforme en une crise alimentaire de grande ampleur.
C’est dans ce contexte que le Président de la République,
le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a effectué, la semaine dernière, une visite inopinée dans les entrepôts de l’Office national de sécurité alimentaire, l’ONASA. Une descente qui revêt une portée particulière : celle de s’enquérir directement du niveau des stocks disponibles et de mesurer la capacité de l’État à répondre aux besoins des populations en cas de pénurie.


Sur place, le Chef de l’État a échangé avec les responsables de l’institution sur les quantités de vivres entreposées et sur les capacités de stockage. Il a également annoncé le renforcement des capacités de l’ONASA afin de permettre à l’institution de disposer de stocks suffisants pour faire face aux éventuelles difficultés alimentaires.
Autre annonce majeure : le Chef de l’État a indiqué que les mécanismes d’intervention pourraient désormais privilégier la distribution gratuite de vivres aux populations les plus vulnérables, en lieu et place des opérations de vente subventionnée pratiquées par le passé. Une orientation qui traduit la volonté affichée de cibler prioritairement les ménages confrontés aux conséquences les plus sévères de la situation alimentaire.
Cette visite présidentielle intervient alors que plusieurs mesures ont déjà été prises par le Gouvernement. Le ministère du Commerce et de l’Industrie a notamment adopté des dispositions visant à limiter l’exportation de certaines denrées alimentaires de première nécessité, dans l’objectif de préserver l’approvisionnement du marché national.
Parallèlement, le ministre des Finances et de l’Économie a entrepris une tournée dans plusieurs provinces particulièrement exposées aux effets du déficit pluviométrique. Ces déplacements ont permis de recueillir les préoccupations des producteurs ruraux, directement confrontés aux conséquences de cette situation sur leurs activités agricoles et pastorales.
Car derrière les chiffres et les prévisions météorologiques se trouvent des milliers de familles rurales dont les moyens de subsistance dépendent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Une baisse significative des récoltes pourrait fragiliser davantage ces populations déjà confrontées à de multiples contraintes économiques et sociales.


L’enjeu, désormais, est donc celui de l’anticipation. Le Gouvernement entend prendre les dispositions nécessaires pour prévenir une éventuelle crise alimentaire et éviter que les difficultés actuelles ne prennent une ampleur incontrôlable. L’expérience du passé rappelle, en effet, combien les crises alimentaires peuvent laisser des séquelles profondes.


Le Tchad, à l’instar de plusieurs pays du Sahel, a connu les terribles épisodes de sécheresse des années 1970 et 1980, notamment ceux de 1973 et 1984. Ces périodes avaient profondément affecté les populations, l’agriculture, l’élevage et les économies nationales. C’est dans le contexte de ces grandes sécheresses qu’est notamment né le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel, le CILSS, avec pour ambition de contribuer à la sécurité alimentaire et au développement durable des États membres.


Aujourd’hui encore, la prévention demeure donc une nécessité. La situation pluviométrique de cette année appelle à la vigilance, à la solidarité et surtout à une réponse publique anticipée et structurée.
En se rendant directement dans les magasins de l’ONASA, le Chef de l’État entend ainsi mesurer l’état réel des réserves et préparer la réponse de l’État face aux éventuelles difficultés à venir.


Anticiper plutôt que subir : tel doit être désormais le maître-mot. Car lorsque la sécheresse frappe, ce sont d’abord les populations les plus vulnérables qui en paient le prix. L’urgence est donc de renforcer les stocks, d’accompagner les producteurs et de mettre en place, à temps, les mécanismes nécessaires pour protéger les populations exposées.


LALDJIM Narcisse Mbainadji

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